Les mystères de la peinture

Publié: 19 novembre 2010 dans Montreal Central, SARATOGA / Arts
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J’ai une femme. Ça arrive dans les meilleures familles. Nous avons deux beaux enfants. Ça aussi. À noter que dans le moment ils sont beaux, mais que la situation peut changer. L’un étudie aux États-Unis et la prochaine fois, je parlerai d’Ithaca, NY. L’autre est à l’UDM en philosophie. Enfin, pour l’instant.

Mais aujourd’hui je veux parler de ma femme et de sa peinture. Il y a dix ans, Sylvie Vigeant (c’est son nom) a suivi des cours magistraux, elle peignait des pots, des vases, des grappes de raisin et quelques pommes. Ensuite, elle s’est mise à faire des glacis, à reproduire un Vermeer, un Sisley, un Monet. Elle a fait quelques portraits, dont celui de notre chien, alors qu’il vivait encore (elle dessine rarement des cadavres.)

Un jour, fatiguée des matières académiques, elle a pris le large. Elle s’est inscrite à l’Atelier du Geste, dirigé par Andreé Bonnard. Et elle a commencé à se laisser aller. Ce n’était pas facile, ce n’est pas son côté naturel. Mais, bien guidée, bien entourée, elle a su utiliser ce qu’elle avait appris (une palette, pas mal de technique, un geste sûr). Elle a apprivoisé l’acrylique et les grands formats. L’art de travailler à l’intérieur d’un cadre donné. Choisir ses couleurs, ses pinceaux , se trouver une palette qu’elle pourrait reproduire à volonté, à plusieurs semaines d’intervalle. Elle a fait quelques expositions, à Verdun au Nu Art Café, une exposition collective  organisée par Le Cercle des Peintres du Québec. Chaque année, elle a participé à l’expo collective de l’Atelier. Rien pour faire une carrière, pas même de quo se payer du nouveau matériel. Au Parc St Viateur à Outremont, elle a failli vendre deux toiles, deux 30X44. Mais St Viateur l’a finalement laissé tombé et s’est dès lors confiée à Frère André. Saint Frère André. L’année dernière, en 2009, elle a comme…. explosé. Il y avait une rétrospective de Francis Bacon au Metropolitan Museum. Elle en est sortie troublée par l’engagement de l’artiste. Oui, un artiste,un vrai, ce n’est pas un dilettante, un hobbyiste, même passionné. Dès son retour, elle s’est mise à peindre des toiles à fond noir ou bleu sombre, d’où émergent des formes, des créatures. Rouges. Rouges comme une scène de crime, rouge comme une lave coulant d’un volcan. Elle a poursuivi, approfondi ce chemin. De cette démarche sont nées des oeuvres fortes,  monolithiques, inquiétantes, aux couleurs très travaillées. Des oeuvres qui nous questionnent  sur d’où l’on vient et où l’on va. Ce ne sont pas des oeuvres faciles, mais des tableaux comme La Fin de la justice ou Consultation, de grande dimension( 30X 44) nous interrogent sur des phénomènes touchant à la naissance , où à la mort. Chez Sylvie Vigeant, il se pourrait que ce soit la même chose,  C’est bien ce qui nous interpelle et nous questionne.

Quoi qu’il en soit, et ceci dit en toute impartialité !, allez la rencontrer lors du vernissage le 2 décembre 2010 à la Galerie Espace, 4844 St-Laurent.  Vous ne pouvez pas venir ? L’ artiste sera là tout le week-end et l’exposition dure du 1er au 7 décembre.Avec elle, une collègue  de l’Atelier du Geste, Véronique Besançon. Elle aussi vaut largement le détour. Je vous laisse sur quelques oeuvres. Prenez le temps de les regarder. Comme à Bernadette Soubirou, des « choses » vous apparaîtront. C’est le mystère de la peinture.

JfC

L'autre

La fin de la justice

 

 

 

Deuxième vie

 

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